BLOG DES RECRUTEURS

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#PORTRAITDERECRUTEUR :
Pauline – Sans son équipe, on n’est rien !

Pauline, originaire d’un petit village à côté de Tours, vient de démarrer sa 10ème mission chez Cause à Effet. Oui, déjà !

Avant d’arriver chez Cauzaf, comme beaucoup, elle a traversé une période de doutes et de questionnements, enchaînant les petits boulots alimentaires qui remplissent son frigo mais pas son envie de faire bouger les choses.

Jusqu’à ce jour où elle tombe sur une offre sur Indeed : Recruteur de Donateurs pour la Croix-Rouge Française. Oui, c’est ça qu’elle veut faire !

 

Elle passe les étapes du pré-recrutement puis se retrouve en face à face avec Bebel. Un entretien qu’elle a trouvé difficile et dont elle ressort peu confiante. « Bebel m’a poussé dans mes retranchements pour comprendre pourquoi je postulais et voir si je serais capable d’assurer ce boulot… quand il m’a annoncé que j’étais prise, j’étais trop trop contente ! ».

 

Raconte-nous ta première mission.

J’ai fait ma première mission à Tours, dans ma ville de cœur. Ça faisait un moment que je cherchais un boulot dans lequel je pourrais m’épanouir. Quand j’ai postulé chez Cauzaf, je ne connaissais pas vraiment le métier de Recruteur de Donateurs. Naïvement, je pensais que j’allais bosser pour la Croix-Rouge, et c’est ça qui me motivait !

 

Je me rappelle que j’étais très stressée en formation, assez réservée. J’avais l’impression de ne pas du tout avoir le « bon profil ». Pendant la période d’essai, j’ai réussi à trouver des donateurs mais je sentais bien que mon RE se posait des questions sur moi… Heureusement, j’ai eu la chance de continuer !

 

Tu as rapidement enchaîné sur une première itinérante, à l’hiver 2017. Qu’est-ce que tu en retiens ?

Oui, après 4 semaines seulement à Tours, on m’annonce que je pars en itinérante. Je ne savais même pas ce que c’était ! C’était un peu fou… Il a fallu prendre de nouvelles marques, pour s’habituer au changement de villes chaque jour, à la vie en groupe 24/24… J’ai jamais été 8 moi (rires).

 

Je me rappelle d’une fois où j’ai cuisiné pour toute l’équipe et j’ai eu trop de mal à jauger les quantités ! (rires)

 

C’est vrai que c’est une mission qui n’a peut-être pas été à la hauteur en termes de résultats mais ça reste une belle expérience. Et c’est d’ailleurs pour ça que j’ai eu envie de repartir en iti J

 

Cette 2ème iti, ça sera ta 10ème mission chez Cauzaf. Qu’est-ce qui te donne encore envie de te lever tous les matins ?

Chaque matin, je n’ai aucune idée de ce qu’il va se passer dans la journée : qui je vais rencontrer, ce qu’on va me dire, combien de donateurs je vais trouver, comment je vais me sentir. Chaque matin est un nouveau défi ! On repart à zéro tous les jours. Faut se reconditionner. Continuer à tout donner.

 

C’est aussi les rencontres que je vais faire. Les gens, tout simplement… et les collègues qui deviennent des amis et qui sont là pour me soutenir.

 

Chez moi, j’ai un poster de Médecins sans Frontières qui dit « Survivre dépend de l’aide humanitaire ». Quand je me lève et que je le vois, je me rappelle pourquoi je fais ce taf…

 

Si je suis là encore aujourd’hui, c’est aussi parce que depuis le début, Cause à Effet m’a toujours donné la chance de continuer, et m’a fait confiance. Je sais qu’on me soutient à Cauzaf et ça fait plaisir.

 

Comment est-ce que tu fais pour gérer l’échec, la fatigue, les refus ?

Au début, j’avais du mal à faire le poisson rouge. Quand on fait une mauvaise rencontre, il faut réussir à passer rapidement à autre chose et ce n’est pas toujours évident… Que tu aies beaucoup d’expérience ou pas.

 

Aujourd’hui, je commence à accepter ça. Il faut entrer dans l’acceptation et dans la compréhension des autres. Il y a des gens qui ont envie de se confronter à ces réalités et de faire quelque chose. Et il y a des gens pour qui c’est trop difficile. A un moment donné, faut se dire que ceux qui ne veulent pas s’intéresser, ils ont le droit, libre à eux.

 

Accepter ça c’est ce qui nous permet de continuer à faire du travail de qualité, de continuer de faire en sorte que les gens nous approchent. C’est en laissant le choix aux gens qu’ils vont finir par être curieux. Et qu’on va finir par y arriver.

 

Travailler à Paris, en province ou en itinérante : qu’est-ce qui est différent ?

 

A Paris, les gens qu’on croise ont l’habitude de nous voir, ils savent pourquoi on est là. Dès que tu leur dis bonjour ils sont prêts à dire « non ». Ça demande d’être toujours bien mobilisés, de réussir à apporter quelque chose de plus pour faire la différence.

 

Partout, les problématiques qu’on aborde des associations (les sans-abris avec la Croix-Rouge ou les migrants avec Médecins sans Frontières par exemple) c’est des réalités que les gens connaissent parce que ça fait partie de leur environnement. Transposer l’action d’une association dans leur réalité ça leur permet de prendre conscience que ces problèmes ils les connaissent déjà et de leur demander « est-ce que t’as envie d’agir ? ».

 

Il est d’ailleurs temps qu’on se dise tous « je peux faire quelque chose » !

 

Qu’est-ce que ce métier t’a appris ? Est-ce que tu apprends encore ?

Je pensais que j’étais solitaire et renfermée et je me rends compte que j’ai besoin de parler aux gens, de parler, de communiquer quelque chose aux gens. C’est une révélation pour moi !

Et j’apprends tous les jours grâce aux gens. Ce travail c’est les gens. Je considère que ce monde ne se parle pas assez. C’est important de communiquer. Chaque personne – et même une mauvais rencontre – va m’apprendre quelque chose. Une personne va me parler de son métier, de sa vie, va me donner un nouveau point de vue sur quelque chose. Les gens me font évoluer.

 

J’ai aussi appris à relativiser mes problèmes. Tu commences une journée, tu ne sais pas comment tu vas faire pour faire en sorte que quelqu’un te donne son RIB ! Alors, maintenant, quand j’ai un problème pratique, je le règle, je panique plus ! (rires)

 

Tu as travaillé avec plusieurs Responsables d’Equipe. Qu’est-ce que chacun d’eux t’a apporté ?

Le RE n’est pas là pour faire le travail à notre place mais pour nous accompagner. Tous les RE avec lesquels j’ai travaillé ont été en capacité de me révéler. Ils m’ont appris des choses sur moi-même que je ne savais pas être capables de faire.

 

On sent qu’on leur tient à cœur. Certains RE savent être à nos côtés tout en sachant nous remettre à notre place quand il faut. Certains sont très doués dans la communication.

 

Ils donnent énormément pour nous, les Recruteurs. Ils créent un relationnel vrai, avec beaucoup de sincérité. A chaque moment, ils nous portent.

 

Et tes collègues ?

Il y a des personnes qui sont naturellement dans la rue comme un poisson dans l’eau. Ce qui n’est pas mon cas… je suis beaucoup trop réfléchie et analytique. Des collègues m’ont apporté plus de spontanéité et de légèreté dans la rue. Ils m’ont permis d’être plus solaire.

 

Dans la rue, tu peux parfois être un peu perdue, avoir des émotions négatives. Et c’est là que tes collègues sont importants. On se lie énormément, on s’adore, on devient ami(e)s.

Sans son équipe on n’est rien.

 

Recruteur de Donateurs : un job ou un métier ?

Un métier ! Parce qu’on peut avoir envie de le faire très longtemps. Parce qu’il y a des perspectives d’évolution. J’ai travaillé avec des RE qui font ça depuis presque 10 ans : c’est leur métier, c’est pas juste un job !

Donc oui, je pense que c’est important de militer pour que ce travail soit vu comme un véritable métier.

 

Ta plus belle rencontre ?

Il y en a plein de rencontres qui m’ont marquée…

 

A Tours, à la pause du midi. Je pars m’acheter des clopes avant d’aller manger. A la terrasse d’un bar, 2 mecs m’abordent et me disent « il y a une dame qui t’appelle depuis tout à l’heure ». Elle me dit « mon oncle est décédé et dans sa boîte aux lettres, j’ai trouvé un courrier de la Croix-Rouge. J’ai eu un héritage de sa part et je sais qu’il souhaiterait que je continue à soutenir cette association. Je voudrais vous donner 50 € tous les mois ». Et c’est la première fois que j’ai trouvé 5 donateurs J

C’est là que j’ai compris que la rue, c’est aussi des surprises auxquelles tu ne t’attends pas !

 

Je me rappelle aussi d’une rencontre, en itinérante pour Aides. Je croise un monsieur avec l’air très triste. Quand je l’ai abordé il m’a tout de suite répondu « j’ai pas envie de parler de ça aujourd’hui, mon meilleur pote est décédé du sida le mois dernier, c’est pas le bon moment ». Ça m’a touchée, j’ai eu du mal à me reconcentrer, j’ai dû m’éloigner un peu. Et là, 15 min après, il revient avec des pains au chocolat pour toute l’équipe ! Ça m’a trop redonné la pêche.

Ce jour-là, j’ai compris que ce dont on parle tous les jours, il y a des gens qui le vivent vraiment. Parce que dans les mauvaises journées, on peut parler mécaniquement. Et quand tu vois passer le sujet dont tu parles tous les jours, tu te rends compte que c’est pas juste des paroles.

 

Un dernier mot ?

Si tu n’y crois pas, c’est pas la peine !

CAUSE À EFFET recrute toute l’année. Prenez contact avec nous et passez un entretien pour évaluer votre motivation et vos compétences.

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